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Lettre 18

Posté par Serge Bénard le 20 juillet 2010

Te voilà perdu, me dis-tu, dans l’éventail très large de rites proposés dans notre pays par la Franc-Maçonnerie. Je te comprends : de quoi donner le vertige. Pour ta gouverne, saches que les rites sont pour un bon nombre des extrapolations d’autres rites existants. Je m’explique. Comme tu l’as déjà compris – et que je ne t’ai pas caché – la Maçonnerie n’a nullement échappé, bien au contraire, aux tribulations propres à pratiquement toutes les organisations humaines. Divisions, séparations, schismes, dissidences, émaillent l’histoire maçonnique française. N’oublie pas que nous descendons des Gaulois, volontiers coupeurs de cheveux en quatre et querelleurs de surcroît. Et peut-être ces problèmes existent-ils aussi au-delà de nos frontières, mais je ne le sais pas.

Ajoute à cela, les rivalités intestines et la recherche immodérée de la domination et des honneurs et tu comprendras où se trouvent les ferments de cette situation non pas occasionnelle mais permanente. La Maçonnerie serait parfaite sans les Francs-maçons… Mais tout ceci n’a guère d’importance, les uns et les unes y trouvant leur compte. Sinon comment expliquer notre pérennité ? J’ai moi-même vécu dans ces atmosphères un peu nébuleuses, voire ténébreuses ou éventuellement nauséabondes. On peut ne pas s’y habituer et quitter le navire, mais vraiment ce serait passer à côté d’une passionnante aventure. Pour le marin, le premier coup de vent fort ne saurait mettre en cause le navire. Que l’avant et l’arrière s’enfoncent alternativement ne l’empêche pas de rester à son poste. Le mieux est donc de marcher contre vents et marées en ignorant le tangage. Je ne regrette pas d’avoir adopté cette conduite. Par conséquent, prépare-toi à ces coups de roulis si tu rejoins un jour cet océan tumultueux.

Quoi qu’il en soit ces « incidents de parcours » entraînent des tensions, des mésententes, des désaccords, souvent la discorde et parfois la division. Il en résulte des brouilles et des déchirements. Les uns partent d’un côté, les autres de l’autre. On en profite pour créer une obédience, laquelle se dote immédiatement d’un rituel propre, mis au point par les meilleurs dissidents qui l’ont rejointe. Le résultat consiste le plus souvent en un assemblage d’emprunts, ici et là, d’éléments hétérogènes. Ce brassage donne un mélange dont les apparences cohérentes dissimulent la combinaison plus ou moins harmonieuse de ces origines diverses

Mais de mon point de vue, pour en revenir aux rites, il n’y en a à mes yeux qu’un seul : le Rite Écossais Ancien et Accepté. C’est celui de la Grande Loge de France. Il est également pratiqué dans une minorité de loges du Grand Orient, dont les ateliers travaillent essentiellement au Rite français. Tous les autres rites en découlent grosso modo, avec plus ou moins de rigueur et de fantaisie. Mais j’attire ton attention : c’est moins le rite qui compte que l’intransigeance dans son application. C’est le rituel qui gouverne et dirige la loge. Le rituel s’applique à la lettre et au souffle près. Sinon, pas la peine d’être en Franc-Maçonnerie. Même le Rite Français, plutôt pauvret comparé à son ancêtre le REAA, peut donner d’excellents résultats s’il est mis en œuvre avec un souci de précision doublé d’une volonté d’exactitude. Il y a toujours un devoir d’exigence dans la mise en pratique d’un rituel. Le Vénérable qui dirige les travaux doit donc être intransigeant et pratiquer sans faiblesse un certain rigorisme. La précision est sœur de fermeté.

Le nom même du REAA a pu varier sensiblement, certains auteurs ainsi que la Juridiction Nord des États-Unis utilisant parfois l’expression « Ancient Accepted Scottish Rite » (sans le and), traduite en français par « Rite Ecossais Ancien Accepté » avec l’idée d’une « ancienne acceptation » du rite. En France, tu entendras peut-être parler du rite Émulation, dont l’oralité est le caractère essentiel. Toutes les tenues doivent y être pratiquées par cœur. Chaque mot du rituel doit être à sa place avec tout son sens et sa force. Apprendre son rituel devient alors un travail permanent qui permet de toujours mieux l’approfondir. Ce rite est pratiqué par la Grande Loge Unie d’Angleterre et par plusieurs Loges en Amérique du Nord. Le Rite Émulation fut pratiqué en français (au Québec ) dès 1870 par la Loge des Cœurs Unis No 45.

Tu le devines, nous avons abordé un point des plus importants. Je t’expliquerai prochainement comment le rituel symbolise parfaitement l’édification du  Temple intérieur.

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